Si les solidarités s’exercent entre voisins, entre femmes, au sein des gangs, des quartiers, le chaos social qui règne, l’absence des politiques, la corruption, l’absence d’éducation rendent ces solidarités vaines. Pour exemple la tentative de monter une boulangerie au cœur du quartier. A l’initiative d’une ONG, mais pilotée par La Mara du quartier, la boulangerie, l’espace de quelques coups de feu, après avoir redonné un semblant de vie sociale aux habitants, sombrera dans les querelles internes, la répression policière.


Les drames accumulés qui se répètent inlassablement devant nos yeux, ces destins éphémères de ces jeunes adultes rythmés par les coups de feu, les pleurs de douleur et les enterrements, s’ils suscitent l’empathie, nous laissent voir le statut de victimes de cette jeunesse, sans avenir, livrée à la mort comme sacrifice ultime de ces sociétés d’Amérique latine, façonnées par la violence sous la bienveillance de l’Oncle Sam.


En sortant de ce documentaire coup de poing, admirablement filmé la caméra à l’épaule par Christian Poveda, deux certitudes : le courage exceptionnel de l’auteur, courage qu’il a payé de sa vie, et le désespoir dans une humanité incapable de se sauver et de (re)trouver le sens de son humanité dans la communauté, dans le monde, enfermée dans sa propre logique autodestructrice, à l'image de son enfermement dans les quartiers des villes du monde entier.