Documentaire français réalisé par Serge Bromberg et Ruxandra Medrea avec Henri-Georges Clouzot, Romy Schneider, Serge Reggiani, Catherine Allegret, Bérénice Bejo, Jacques Gamblin (film français, sortie le 11 novembre 2009, produit en 2009, durée 1h34)
L'histoire : «En 1964, Henri-Georges Clouzot choisit Romy Schneider, 26 ans, et Serge Reggiani, 42 ans, pour être les vedettes de L'Enfer. Un projet énigmatique et insolite, un budget illimité, un film qui devait être un "événement" cinématographique à sa sortie. Mais après 3 semaines de tournage, le drame. Le projet est interrompu, et les images que l'on disait "incroyables" ne seront jamais dévoilées.
Ces images, oubliées depuis un demi-siècle, ont été retrouvées et elles sont plus époustouflantes que la légende l'avait prédit. Elles racontent un film unique, la folie et la jalousie filmées en caméra subjective, l'histoire d'un tournage maudit et celle d'Henri-Georges Clouzot qui avait laissé libre cours à son génie de cinéaste. Jamais Romy n'a été aussi belle et hypnotique. Jamais un auteur n'aura été aussi proche et fusionnel avec le héros qu'il a inventé. Serge Bromberg et Ruxandra Medrea réussissent ici une "recomposition" de l'oeuvre disparue, créant un nouveau film qui raconte l'histoire de ce naufrage magnifique et qui permet au projet d'exister enfin.....».
Serge Bromberg, en passionné du 7ème Art nous replonge dans ce qui fut l’une des plus formidables aventures du cinéma des années 60. Etait-ce le titre du film qu’avait choisi Henri-Georges Clouzot, mais le tournage se transforma très rapidement en véritable enfer pour l’ensemble des équipes et des acteurs.
Le documentaire de Serge Bromberg mélange très habilement les témoignages de Catherine Allegret, de Gilbert Amy ou de Thi Lan Nguyen avec l’interprétation de bribes de texte par les acteurs Jacques Gamblin et Bérénice Bejo et les rushes du tournage parvenus jusqu’à nous qui couvrent les longs mois d’essais et le début du tournage, notamment les étonnantes scènes en couleur de recherches cinématographiques pour traduire la jalousie obsessionnelle du personnage interprété par Serge Reggiani.
Les recherches visuelles et sonores menées par Henri-Georges Clouzot et son équipe, recherches rendues possibles grâce aux producteurs de la Warner qui lui avait laissé le champ libre grâce à un budget illimité, étaient dans l’esprit des découvertes artistiques d’un Pierre Boulez ou d’Henri Pousseur autour de la musique contemporaine, de la musique concrète ou sérielle ou des cinéastes de la Nouvelle Vague et des propres recherches du réalisateur. On découvre petit à petit un homme exigeant jusqu’à l’extrême, colérique, angoissé. Ce film devait représenter dans l’évolution du cinéma une révolution pour Henri-Georges Clouzot. Filmé en noir et blanc, l’histoire « réelle » des personnages, et en couleur pour les hallucinations ou les rêves et cauchemars du personnage de Serge Reggiani, les journées épuisantes d’un tournage chaotique s’accumulent.
On redécouvre une Romy Schneider, seulement âgée de 26 ans, que son public voyait encore en Sissi impératrice, mais qui dans ces images muettes, les rushes n’avaient pas été sonorisées, aucune postsynchronisation, l’équipe en était au début du tournage, se révèle une actrice extraordinaire, sublime, la Romy Schneider de César et Rosalie, de Ludwig, de Max et les Ferrailleurs, des Choses de la vie etc.
Ce documentaire, parfaitement construit, est un petit bijou de leçon de cinéma, un moment passionnant de création cinématographique, menant jusqu’à l’obsession et l’épuisement son réalisateur, jusqu’à l’échec d’un projet de film qui n’était pas destiné à voir le jour mais répondait à la soif de ce grand réalisateur d’aller au-delà des formes narratrices utilisées jusque là.
bande annonce par filmtrailer.com


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