Film français réalisé par Jean-Jacques Zilbermann avec Antoine de Caunes, Mehdi Dehbi, Elsa Zylberstein, Judith Magre, Catherine Hiegel (film français, sortie le 2 décembre 2009, produit en 2009, durée 1h30)
L'histoire : «Dix ans après L'Homme est une femme comme les autres, Simon Eskenazy est devenu un grand interprète de musique traditionnelle juive.
Il voit successivement débarquer sa mère envahissante, son ex-femme, son fils de 10 ans qu'il n'a jamais vu et Naïm, un jeune travesti musulman qui va changer sa vie........».
Avant-première du film de Jean-Jacques Zilbermann, ce soir 17 novembre, à l’UGC Ciné Cité de Lille, en présence du réalisateur et d’Antoine de Caunes et de Mehdi Dehbi.
Autant l’avouer tout de suite, je n’avais rien lu avant de voir le film, pas une critique, pas une interview. J’ai toujours une certaine appréhension devant un film qui traite en même temps de l’homosexualité, du judaïsme, des rapports père-fils, des relations juifs-arabes … Crainte d’assister soit à un film militant, soit à un film réducteur, trop intimiste, voir caricatural. Dans le cas de Jean-Jacques Zilbermann le risque « caricatural » était exclu d’avance, restaient les deux écueils indiqués quelques mots plus haut.
Et bien non, ce film m’a plu dès les premières séquences, l’approche plurielle des personnages, leur complexité, la qualité des interprétations, les thèmes abordés. Jean-Jacques Zilbermann, poursuit son récit autobiographique, 10 ans après « L’Homme est une femme comme les autres » en 1998. Nous suivons, pas à pas, derrière une caméra attentive aux moindres détails, s’attardant sur les regards, les attitudes, respectueuse de ses personnages, l’histoire d’une rencontre, celle d’un travesti arabe, Naïm/Angela, superbement interprété par Mehdi Dehbi et de Simon, Antoine de Caunes très juste, tous les deux parfaits dans des rôles difficiles.
Mehdi Dehbi |
Antoine de Caunes |
Jean-Jacques Zilbermann |
Le personnage clé est Naïm/Angela, qui par sa double personnalité, sera celui/celle qui parviendra à révéler chacun à soi-même et aux autres, qui parviendra à dénouer les fils du mensonge et des faux-semblants, des préjugés, pour laisser s’exprimer l’amour d’un homme pour un autre homme, les regrets d’une mère que le syndrome des camps de concentration à rendu fragile, égoïste et que l’homosexualité de son fils les avait un temps séparé, qui amènera un fils à retrouver sa mère, un père a retrouver son fils. Le jeu entre Mehdi Dehbi et Judith Magre, elle aussi excellente, est particulièrement bien interprété. La scène entre Antoine de Caunes et Mehdi Dehbi dans la suite d’un grand hôtel parisien, où chacun cherche à avouer à l’autre son amour de manière maladroite, tout en trahissant des doutes ou des déchirures liées aux regards des autres est très bien interprétée.
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Pour reprendre une citation d’Orson Welles, « Ce qui est merveilleux au cinéma, ce qui le rend tellement supérieur au théâtre, c'est qu'il possède beaucoup d'éléments qui peuvent nous vaincre mais aussi nous enrichir, nous offrir une vie qui ne vient de nulle part » : C’est le cas du film de Jean-Jacques Zilbermann. Comme dans « Away We Go » de Sam Mendes, nous nous trouvons en face d’un film à la fois drôle, plein d’humour, tendre, juste et grave, au plus proche de ses personnages. Un très bon moment de cinéma, dont nous avons eu le plaisir de partager nos impressions avec les membres de l’équipe.
Alors n’hésitez pas le 2 décembre et garder une place pour ce film excellent, entre deux grosses productions américaines de fin d’année.
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